Y'a pas de quoi. C'est un héritage de notre façon de faire. A notre table, pour créer un personnage, le passage obligé est, avant même d'ouvrir les bouquins, de pondre l'histoire du personnage, sur un minimum de 5 pages word (on a fixé ça arbitrairement mais on le dépasse allègrement à chaque fois). Si le background est accepté par le MJ, là on passe à la partie création.
Je me trompe peut être, mais il me semble que tous les rôlistes suivent à peu près même le même cycle. D'abord on découvre le JdR, qui donne corps aux films et romans qu'on a lus... et nos premiers personnages sont généralement des copiés collés des héros qui nous ont fait rêver. Puis on commence à maîtriser les règles... et on commence à faire de l'optimisation sauvage, explorant chaque recoin obscur de règle pour pondre un personnage prêt à tout et qui pète la classe. Puis on finit par se lasser, s'apercevant que, en faisant de l'opti à outrance, on se retrouve avec toujours les mêmes personnages, parce que certains combinaisons sont infiniment plus puissantes que d'autres (on n'a encore trouvé aucun combattant qui fonctionne mieux que celui avec épée à deux plus un maximum en force). Et enfin, on en revient au plaisir de l'interprétation du personnage, les règles devenant secondaires.
Je ne saurais trop conseiller d'écrire le background avant de pondre le personnage. De l'histoire découle personnage, pas l'inverse. Sinon, on se retrouve avec une équipe de roxxor qui n'a pas vraiment d'âme et résout chaque problème grâce à l'une de ses trop nombreuses compétences, et non son roleplay.
A titre indicatif, je ne prépare plus du tout les profils de caractéristiques de mes monstres. Je prévois où on peut trouver tel ou tel monstre, je regarde éventuellement leurs particularités et pouvoirs magiques (histoire que les joueurs qui savent de quo il s'agit ou qui réussissent leur test de connaissance ne soient pas trompés sur la marchandise), mais je ne me préoccupe pas de tout ce qui est chiffré, et j'improvise totalement pendant le combat. Si ça me semble important pour la tension qu'un coup porte et fasse bobo, ça deviendra miraculeusement un coup critique qui amènera mon joueur au bord de la mort. Si mes gars se sont bien préparés... je fais pas foirer leur embuscade à cause d'un jet de dés, ça réussira forcément. Seuls mes joueurs utilisent les règles pour les capacités de leurs personnages. Il les appliquent strictement... mais je décide secrètement dans quelle mesure ça affecte leurs opposants.
La seule exception, ce sont mes boss, que je prépare soigneusement (généralement pour rien car une fois utilisées leurs capacités les plus emblématiques en respectant les règles, j'en reviens à de l'improvisation pour maintenir l'ambiance).
Ca demande de l'entraînement, mais avec de la pratique, chaque baston devient une scène de film dont ils se souviennent, plutôt qu'une succession de jets de dés, parfois chanceuse, parfois non.
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