[1.4: Bahamut] Sur la piste du complot
Accompagné de Johannes, Geralt s'engagea sur le pont qui montait vers le château surplombant la cité. Dans la lumière grise du matin, derrière le voile des flocons de neige, les imposantes murailles donnaient l'impression d'une masse noire écrasante. Les gardes à l'entrée laissèrent les deux hommes passer avec un simple signe de tête.

Lorsqu'ils se séparèrent, Geralt s'engagea dans un dédale de couloirs et de volées d'escaliers s'enfonçant dans les entrailles du plateau rocheux. Des années de service lui permettaient de se guider de façon relativement sûre, mais même ainsi, il lui arrivait encore d'hésiter parfois à un tournant ou à un autre. Seuls ceux qui avaient leurs quartiers, pour ainsi dire, au bout de ce labyrinthe, pouvaient s'y orienter sans peine.

Enfin, le Garde d'Ombre parvint à la porte qu'il recherchait : le cœur des services de renseignement du duché. Une demi-douzaine de têtes auparavant penchées sur des piles de feuillets se relevèrent et fixèrent le nouveau venu lorsqu'il passa la porte. Au bout de la salle se tenait debout un homme à la carrure presque aussi imposante que Geralt, mais aux traits légèrement plus fins (presque rapaces) et aux cheveux noirs tirés en arrière et maintenus en une courte queue de cheval : Edmond Dolurrsen, le Maître des Secrets du duc.

« Bien le bonjour, Jaquenghar. » commença-t-il d'une voix où ne perçait néanmoins aucune sympathie (mais le Garde connaissait suffisamment bien Dolurrsen pour ne pas s'en offusquer : il traitait tout le monde de la même façon). « Qu'est-ce qui nous vaut votre visite ? Vous n'êtes pas content de votre rapport du jour ? »
« Bonjour. »
Geralt salua celui qui était nommé le Maître des Secrets. Ses yeux passèrent sur tous ceux face à lui, pour leur transmettre également ses salutations sans avoir à se répéter.


« Je suppose qu'il serait inutile de venir me plaindre des nouvelles, vous n'êtes pas le responsable de tous les travers du duché. Du moins je l'espère... Je vais être directe, comme toujours. Si je suis venue vous rendre visite, c'est pour vous demander de l'aide sur une affaire, quelques informations. Votre réseau et vos renseignements pourraient être utiles à la Garde de l'Ombre... et au Duc... »
Tandis que la première phrase fut prononcée avec une grande légèreté le ton devint très vite solennel.
Les précautions oratoires du Garde d'Ombre ne parurent pas amadouer son interlocuteur.

« Servir le duché est notre raison d'être, » répliqua-t-il sur un ton toujours aussi peu amène. « Quant à ce qui est des informations, mes hommes, ceux ici présents et les autres, travaillent toute la nuit pour compiler celles qui sont pertinentes à vos missions, de manière à ce que vous trouviez tout le nécessaire au matin dans les rapports journaliers. De quoi s'agit-il ? »
« C'est justement votre dévouement et vos travaux qui font votre superbe. Nous... pouvons parler ici ? »

Geralt baissa lentement la tête en direction des nombreux hommes dont certains étaient certes trop occupés pour écouter mais d'autre s'en donnait seulement l'air.

S'il peut parler ici.
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Geralt se racla la gorge.
« Très bien, votre confiance vous honore. »

S'il change de lieu pour un espace plus intime.
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Geralt observa les lieux autour de lui.
« J'espère ne pas vous avoir froisser, mais je préfère parler des enquêtes en cours devant un minimum de personne. Je suppose que vous pouvez comprendre plus que quiconque. »

Suite
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« Bien... Je voulais m’entretenir au sujet du risque planant au sujet d'un complot contre le Duc. Il me semble qu'il y a peu d'élément fiable... Auriez-vous des informations pas encore vérifiées ? Des détails, peut-être, sur la provenance de cette rumeur, des suspects privilégiés ou des cercles à surveiller... »
Dolurrsen fit passer Geralt dans une autre pièce. Lorsque le Garde l'interrogea, le maître-espion haussa les épaules.

« Peu d'éléments fiables, c'est le cas de le dire. Je n'ai jamais vu un cas comme celui-là, et j'en viendrais presque par moments à douter de la réalité de cette fameuse menace : aucun fait vérifiable, rien que des rumeurs... Sauf qu'il paraît qu'il n'y a pas de fumée sans feu, et là c'est le duché entier qui est enfumé - en tout cas tout ce qu'il compte de mécontents, d'agitateurs et d'intrigants, de la cour de ferme à la cour du duc même. Tout le monde a l'air au courant qu'IL VA SE PASSER QUELQUE CHOSE, mais quoi, quand, ou comment l'ont-ils appris : mystère. Et de notre côté, même nous ne pouvons surveiller tout le monde. Croyez-moi, » acheva-t-il sèchement, « si je disposais de la moindre information supplémentaire qui puisse vous aider à boucler ce dossier, je n'aurais pas manqué de la faire consigner dans les rapports que je vous envoie. Plus tôt vous résoudrez cette affaire, et plus tôt je pourrais retrouver mes trois heures de sommeil journalier, au lieu de me gaver de substances alchimiques pour ne pas dormir comme je le fais depuis bientôt une semaine. »
« Oui je comprend tout à fait. Mais je ne suis pas la pour les faits tangibles, vos rapports sont assez clair pour ça. Je voulais justement me tenir informé des rumeurs non-revérifiées qui reviendraient le plus. Celles dont vous avez jugés trop peu probable pour être mentionnées. Le recueille d'information est votre domaine pas le mien, alors si vous ne savez pas de quelle manière regarder cette affaire, je ne le serais pas non plus. La moindre chose aussi folle qu'elle puisse paraitre me semble prenable.
De plus, on y réfléchissant, je doute que ce soit un complot du milieu agricole pour se soulager des taxes. Ceux à qui profiterait une interruption du gouvernement actuelle serait les plus hauts. Vous l'avez surement pensé aussi, et certainement déjà fait, mais si cela ne vous fatigue pas trop j'aimerais que vos yeux se tournes vers les nobles, en particulier Dorian de Pallenpoor* ainsi que Guiscard d'Aury. Un visage reconnaissable est généralement la meilleure clé pour offrir un dos à son poignard... »


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* en présumant que Dorian ne soit pas un "supérieur" direct du service des renseignements.
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Normalement, non.

« Vous visez haut, Jaquenghar. Faites attention à ne pas vous y brûler les ailes. » commenta Dolurrsen lorsque Geralt eut lâché les deux noms.

Après quelques instants de réflexion, il enchaîna :

« Nous avons déjà les yeux sur Guiscard d'Aury. D'ailleurs, son opposition au duc, ces dernières années, est quasiment aussi ouverte qu'elle peut l'être sans que le bourgmestre y risque son titre, et même un peu plus... C'est un bon administrateur, et il est majoritairement apprécié de la population de Froidesaigues, qui aime bien se croire supérieure aux habitants d'ici. J'imagine que c'est pour ça que le duc ne s'est pas encore débarrassé de lui. Mais si vous voulez mon avis, ce n'est qu'une question de temps : un jour viendra où Guiscard ira trop loin, et où ça ne suffira pas à le sauver du cachot, si ce n'est pire.

En attendant, il est très probable - bien qu'actuellement invérifiable, pour répondre à votre question - qu'il fasse partie des "avertis". Mais je doute que ça aille plus loin. Ce n'est pas son genre de comploter dans l'ombre. Encore que, allez savoir ce qui peut passer par la tête d'un père endeuillé, n'est-ce pas...

Pour ce qui est du conseiller Dorian, en revanche... j'aimerais bien savoir ce qui vous pousse à le soupçonner. Laissez-moi vous dire que vous vous aventurez dans des eaux dangereuses... pour changer de métaphore. Il n'a déjà que peu de sympathies pour votre groupe, vous n'avez pas envie de vous retrouver dans une position de conflit ouvert avec lui. Ce serait vous faire un ennemi particulièrement puissant. Et c'est justement cette puissance qui en fait un suspect peu probable à mes yeux : je ne vois pas à ce qu'il aurait à gagner à changer une situation qui lui est déjà très favorable. Évidemment, si vous avez en votre possession des éléments significatifs, je peux toujours mettre des hommes sur le coup. La sécurité du duc passe avant tout. Mais j'espère que vous savez ce que vous faites. »
Geralt sembla se raffermir dans sa voix.
« Je ne souhaite pas lui mettre une lame sous la gorge monsieur Dolursen, mais l'observer... J'ose espérer qu'en m'adressant à celui nommé Le Maître des secrets, j'engage un homme qui saura agir en toute discrétion. N'est-ce pas le principe même de votre service ?
Je fais pleinement confiance en vos qualités et votre talent.

Il ne cesse de prendre du pouvoir...
Comme je vous l'ai dit, la collecte d'information n'est pas de mon ressort, mais la Garde de l'Ombre ne peut s'empêcher d'être soupçonneux envers le conseiller pouvant prétendre semblerait-il à un titre de Chancelier, si proche de dame Valentine et si peu avenant à son époque envers feu-madame la duchesse.
Une telle ascension peut enivrer un homme. Vous avez regarder partout et vous n'avez rien trouvé, j'imaginais que vos recherches se dirigeraient vers ceux que vous n'avez pas encore soupçonnés peu importe leur grade ou leur noms. Si le conseiller est trempé dans cette affaire, nous réagirons à temps. Dans le cas contraire... et bien si vous veniez à vous faire remarquer je suis sûr que personne nous en voudra de tenter de protéger le Duc.

Si j'avais de quoi l'accuser, je l'arrêterais sur le champs et je serais venu ici uniquement pour vous saluer, pas pour vous en parler. J'ai le pressentiment d'une volonté cachée en lui, vous, vous le voyez en saint. Traitez-moi donc de paranoïaque ou de conspirationniste si vous le désirez, mais j'estime que la logique est de mon côté, sans équivoque ! Cependant je ne suis pas votre supérieure, faîtes comme bon vous semble, je vous voie plus comme un collègue d'un service différent, mais je suis certain que nous ne voulons pas tous les deux nous retrouver au chômage à défaut de dirigeant. »
Le visage du Maître des Secrets se rembrunit et se durcit encore un peu plus sous l'assaut.

« En effet, vous n'êtes pas mon supérieur, Jaquenghar. Et vous n'allez pas non plus m'apprendre mon métier.

Où prenez-vous que je vous décris le conseiller comme un saint ? C'est un intrigant, soit ; mais un intrigant qui a tout à gagner à maintenir telle quelle la situation à laquelle il est parvenu, c'est tout ce que je dis. Sur le plan politique, jamais conseiller n'a eu autant d'influence que lui auprès du duc ; et ce titre de chancelier qu'on lui fait miroiter devrait accroître encore ce pouvoir. Quant au plan personnel... »
Dolurrsen hésita un instant, avant de se reprendre : « là, on touche à des détails qu'il ne m'appartient pas de divulguer.

Notre dirigeant n'est pas très aimé, ma charge m'interdit toute illusion à ce sujet ; mais ceux qui ne le respectent pas le craignent, ce qui vaut presque aussi bien. La plupart des soutiens de Dorian de Pallenpoor le jalousent, et les autres le méprisent. L'ambition est une maîtresse qui peut faire tourner bien des têtes, mais je pense Dorian suffisamment intelligent pour garder la sienne froide - assez en tout cas pour se rendre compte de la situation. Si Ulric venait à disparaître, notre conseiller risquerait bien plus de tout perdre, plutôt que de lui prendre une place qu'il n'est déjà pas loin d'occuper dans les faits, sinon dans les formes.

Voilà ma logique. Qu'avez-vous à y opposer ? Le fait qu'il n'était pas apprécié de "feu madame la duchesse" ? Nous servons le duc, Jaquenghar, vous et moi. La seule chose que nous devons avoir en tête, ce sont les faits et l'intérêt du duché. Il n'y a pas de place là-dedans pour de vieilles rancœurs, ou les sentiments que vous inspirait une personne morte depuis deux ans. Paix à son âme, mais que je sois damné si je comprends l'espèce de culte qu'on continue à lui vouer. -- Ah, tenez, puisqu'on en parle, vous vouliez de l'improbable ? Ce matin, un garde du château jure avoir aperçu le fantôme de la duchesse Émilie errant sur le rempart d'en face ! Voilà où on en est... Mes hommes sont en train de le cuisiner en ce moment même pour déterminer s'il y a la moindre parcelle de vérité dans tout ça, s'il s'agit d'un agitateur, d'un ivrogne, ou, ce qui est le plus vraisembable, juste d'un complet abruti. Vous trouverez sans doute le résultat dans le rapport de demain matin.

En attendant, si vous n'avez rien à ajouter, je ne vous retiens pas. J'ai des gens sous la gorge desquels aller placer une lame...

Je verrai à faire surveiller le conseiller, car on ne dira pas de moi que j'ai négligé une piste. Mais je vous le redis, c'est un jeu dangereux. Dorian n'est pas né de la dernière pluie, et il a son propre réseau. En toute transparence, "entre collègues", je vous le dis tout de suite : si par malheur on venait à découvrir que j'ai fait surveiller la personne la plus proche et la plus influente auprès d'Ulric - son épouse exceptée -, je peux vous garantir que j'aurais toute prête une excuse un peu moins embarrassante que "je pensais agir pour protéger le duc", et que cette excuse renverra sur vos épaules et pas sur les miennes la responsabilité du fiasco. »


Le ton indiquait assez clairement que Dolurrsen souhaitait considérer l'entretien comme terminé.
« Vous l'avez dit vous-même, c'est dans l'intérêt du Duché. Rassurez-vous s'il le faut, mes épaules seront assez larges pour porter d'éventuelles erreurs de discrétion. Je n'ai plus qu'à vous souhaiter une bonne journée et que vos gorges soient tendres... »

Geralt salua le Maître des secrets et repartit dans le dédale de couloir.
Plutôt tendu...

Une nouvelle errance suivit son départ mais après plusieurs hésitations il finit par revoir la lumière du soleil. Ses pas le portèrent proche de la caserne de la garde régulière où il aperçut par pur hasard Roger. Geralt s'arrêta net et cette rencontre lui donna l'idée d'un atout supplémentaire au sujet de l'enquête sur le conseiller...

Il s'approcha du garde en suivant le salut protocolaire puis engagea quelques mots de manière plus privée.
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« - Comment allez-vous Geralt ? »


« - Bien, merci. Et vous, je vois que vous tenez toujours autant la forme... et aussi que vous avez gagnés une cicatrice sur les lèvres. »
« - Ha, oui cela s'est passé à l'entrainement, mais dans une semaine nous n'y verrons plus rien. Ce n'est pas grand chose par rapport à ce que vous avez enduré avec le mage fou. Les gars et moi nous vous devons une fière chandelle ! »
« - C'est rien Roger, c'est normal et ça commence à faire un moment... »
« - Peut-être mais depuis vous avez renouvelez vos actes avec la bêtes des écuries et le fanatique... De plus c'est rare de voir quelqu'un de la Garde de l'ombre se comporter ainsi. Je ne voulais pas dire que... Enfin vous voyez, nous les gars de la garde régulière, on n'est pas grand chose par rapport à vous. Vous n’étiez pas non plus obligés de glisser quelques mots pour moi au capitaine. »
« - N'en parlons plus, on croirait une préparation à une demande en mariage ! Vous avez gagnés ma confiance et mon respect, point final. D'ailleurs j'aurais une chose à vous demander, mais ce n'est pas rien. Avec la délégation qui arrive il faut être sur nos garde et encore plus avec des rumeurs concernant les hauts placés du Duché. Je vais en parler à votre capitaine, mais j'aimerais que vous surveiller le conseiller. »
« - Le... le conseiller ? cela serait pour moi un honneur ! »
« - Oui mais je ne demanderai pas à ce que vous jouez au simple garde du corps. La situation est assez complexe je dois l'avouer et je ne pourrais vous fournir toutes les réponses auxquelles vous aurez les questions cependant vous devez me faire confiance. Le conseiller est autant à protéger qu'à surveiller. J'aimerais que tout en assurant la garde vous mémorisez ses gestes ainsi que le nom de toutes personnes visités ou visiteuses. Je prendrai votre relève dans l'après-midi avant la délégation, et vous reprendrez le même post pour la journée de demain. »
« - Je suis quelque peu surpris... Mais je suppose que vous avez vos raisons... »
« - Ce n'est pas tout Roger. Mon tact maladroit me fait parfois défaut, et je ne voudrais qu'on ne se méfie de vous si l'on m'accuse de quoique ce soit. Il vaudra mieux éviter trop de contact tant que l'affaire ne soit pas bouclée. Pour cela vous me ferez un rapport succin demain matin, au aurore, ainsi qu'à la même heure dans deux jours. De plus, nous aurions moins de chance d'être découvert si je ne vous nomme pas, mais que vous vous portez vous-même volontaire. »
« - Il semblerait presque un incroyable complot à vous entendre. Avez-vous des preuves contre lui ? »
« - Vous n'allez pas non plus vous y mettre ? Non je n'ai rien. Vous comprenez donc pourquoi je préfère rester le plus discret possible. »
« - Très bien... Mais en étant aussi confidentiel vous risquez au contraire d'être suspect si vous venez à vous faire dévoiler, non ? »
« - Oui j'en suis bien conscient. Mais s'il en vient à m'accuser alors que j'ai réuni quelques preuves, mes collègues prendront le relais et je me débrouillerais. »
« - Je suis avec vous ! J'ai fais d'énorme progrès en lecture, je pourrais tenter de lire son courrier ou de fouiller... »
« - Je vous l'interdit ! Pensez d'abord à votre sécurité, le Garde de l'Ombre aura peut-être encore besoin de vous, j'aimerais, dans le mesure du possible, à ne pas venir vous chercher dans les cachots. Avez-vous des connaissances en qui vous avez confiance ? Vos camarades ? Il faudrait peut-être une autre personne pour assurer une garde complète en cas de prolongation de cette mission. »
« - Oui monsieur... je... je ferais attention... Oui je connais des hommes de confiances. Je ne vous décevrais pas. »

Une fois tous les deux d'accord, il ne restait plus au Garde de l'Ombre de rendre son idée officielle. Il trouva donc le capitaine de la garde pour le saluer comme son grade le veut, suivit non-loin par Roger.
« Capitaine. Comment vous et vos homme vous portez-vous ? Rien à signaler ? »
Le capitaine s'inclina devant le nouvel arrivant.

« Ça va, maître Jaquenghar, merci. Froidement, vous vous en doutez... mais ça va... Et vous-même ? Il n'y a rien à signaler ici - rien dont vous deviez vous soucier, en tout cas. »
« Bien merci. Tant mieux pour nous si tout ce passe bien. Je suis venu vous voir pour vous soumettre une proposition. Comme vous le savez, le capitaine de la Garde de l'Ombre protège en permanence le Duc, malheureusement nous ne somme pas assez nombreux pour offrir notre attention exclusive à tous les membres importants du duché, c'est pourquoi j'aimerais que l'un de vos homme assure la protection du conseiller. »

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bluff: Bahamut lance 1d20+10 et obtient 21 (11)
diplo: Bahamut lance 1d20+6 et obtient 23 (17)
@Alg, si tu as besoin de jet et que je ne répond pas rapidement, je t'autorise à les faire pour moi du moment qu'ils sont ouverts.
Le capitaine de la garde régulière ne sembla rien soupçonner des causes qui faisaient agir Geralt. Il commença aussitôt à lui lister ses hommes les plus valeureux, qu'il pouvait recommander pour une mission à la fois si importante et si honorifique.
« Voici une liste intéressante... malheureusement je ne les connais pas assez pour faire un choix moi même... Il n'y aurait-il pas quelqu'un de courageux, solide et déterminé ? Ferdinand Farendol, José Mariaci ou Roger Fedelel ? »
Courageux, solide et déterminé étaient les adjectifs, lui semblait-il, qu'il avait utilisé pour lui décrire Roger il y avait de cela plusieurs mois.
Le subterfuge ne paraissait pas parmi les plus subtiles du monde, cependant Geralt gagna le mérite de ne pas faire de nomination directe.
« Ferdinand Farendol semble un très bon choix, messire. » approuva le capitaine. « Il a de l'étoffe, je suis persuadé qu'il ira loin, et ce genre de mission pourrait justement lui en fournir l'occasion. »
Tan pis pour la subtilité

« Moui... Et pourquoi pas Roger Fedelel ? Je l'ai vu à l’œuvre à plusieurs reprise, il serait très bien, non ? »
Le capitaine tiqua, cette fois, un peu plus. Sûrement Roger était un bon élément, il ne s'agissait pas de dire le contraire, mais était-il vraiment le plus à même, le mieux placé pour...? Néanmoins, lorsque Geralt confirma fermement son choix, le capitaine s'inclina sans plus discuter. Il fit aussitôt rédiger l'ordre de détachement et de mission, avec lequel Roger devrait se présenter le matin même dans l'entourage du conseiller Dorian, pour assurer sa nouvelle fonction jusqu'à injonction contraire.
Geralt continua son entretien avec le capitaine quelques instants en échangeant des banalités, histoire de donner le change puis le quitta. Il sortit, en regardant droit devant lui et lança discrètement une injonction à Roger lorsqu'il passa à son niveau sans attendre une réponse de sa part.
« Surtout, fait pas de connerie ! »

l continua jusqu'à la caserne de la Garde de l'Ombre pour y prendre un peu de sous dans le budget de la Garde, puis partit droit en direction de la meilleur auberge de la ville vers celui qui, du moins l'espérait-il, allait eut-être enfin lui donner une brie d'information nouvelle ; Thaddée, l'écrivain public !
Il fallut un petit temps de marche à travers les rues enneigées et, malgré cela, désormais bien animées à cette heure de la matinée pour que Geralt parvienne à destination, mais il ne s'était pas trompé. Fidèle à ses habitudes, l'écrivain public, dont le Garde avait plus d'une fois pu constater qu'il semblait l'un des hommes les mieux informés du duché - parfois au-delà de toute logique -, était attablé au fond de la salle commune à l'enseigne du Cerf Généreux. Et il avait déjà bien commencé la journée, pour ce qui était de la consommation d'alcool en tout cas. C'était un homme jeune, mince, pas très grand mais plutôt bien de sa personne, que dans de bonnes conditions la gent féminine eut pu apprécier comme un "beau ténébreux". Mais, comme c'était le plus souvent le cas, il affichait une barbe de trois ou quatre jours, une coiffure emmêlée avec des cheveux lui retombant sur le visage, et on pouvait deviner au son de sa voix le nombre de chopes dont il avait déjà ingurgité le contenu.

« Eh ! mais c'est messire Jaquenghar... » lança-t-il, et bien qu'il n'en soit pas à hésiter sur les mots ou les syllabes, on sentait vaguement le fond de sa parole, les harmoniques de sa voix, comme patiner sur un sol mouvant. Il ajouta sur un ton exagérément, parodiquement ronflant : « GARDE D'OMBRE DE SA SEIGNEURIE ULRIC, notre duc... indétrônable... Enfin c'est ce qu'on dit, n'est-ce pas ? » Un rire bref et morne. « Alors, comment ça va aujourd'hui ? »
"Messire Jaquenghar" n'était pas spécialement d'humeur à plaisanter, du à la matinée n'allant pas exactement comme il voudrait. Une étrange sensation l'avait emparée et avait augmenté à chaque claquement de ses bottes sur les pavés depuis la caserne de la garde régulière. Il ne pouvait clairement se l'expliquer, mais il devenait sûr peu à peu que l'enquête du complot allait mal tournée. Il chassa ses idées sombres, mais il n'y arrivait que quelques instants seulement. Il espéra face à l'écrivain à moitié soûl qu'il en serait bientôt libéré.

Il prit un air amicale et entra dans le jeu du jeune littéraire et fit une parodie de révérence seigneuriale.
« La Garde de l'Ombre vous salut bien bas ! »

Un sourire un peu forcé plus tard, il s'assit à sa table sans perdre plus de temps pour tenter d'en savoir plus.
« Disons que ça va malgré aléas de la vie et les travaux qu'on nous impose. Je vois que tout va bien de votre côté, vous semblez profiter de ce qu'on vous propose ici.
J'avoue ne pas sortir de la tanière de la garde sans une bonne raison et je viens pour requérir votre aide, ou du moins l'aide que vous pourrez m'apporter, au sujet d'une affaire en cours assez importante. »
Un nouveau rire aux relents alcoolisés accueillit les paroles du Garde.

« L'aide que je pourrais apporter ? Voudriez-vous que j'écrive une lettre pour vous, messire ? Oh, voyons, à votre empressement -- une lettre d'amour, peut-être ?... Je pensais que vous n'en étiez plus là avec votre jolie petite catin rousse, pourtant... À moins que vous n'ayez décidé de changer de, hmm, partenaire de danse...? »
L'humeur de Geralt ne s'améliora pas après la réplique de l'écrivain.
Comment le sait-il ? Tout ça pour rien ? C'est bien la peine d'avoir une planque à soi pour que tout le monde sache ce qu'on y fait...
L'expression faussement détendue du garde devenait maintenant véritablement sérieuse. Geralt ne se souciait plus d'être amical. Il était prêt à étriper quiconque s'amusait à s'attarder sur la condition de sa bien aimée. Seul ses compagnons d'armes pouvaient encore y échappés, ceci uniquement dû au fait qu'il devait sa vie à quelques uns d'entre-eux.
« Je sais écrire et lire, pas la peine de vous voir pour ça. Quant à elle, puisque vous semblez être au courant, je préférais que vous la désignez par son prénom plutôt que ça fonction. »

Il marqua une pause et respira.
« En l'occurrence, je viens vous voir justement vous voir pour votre proportion à savoir ce qui se trame dans cette ville. Vous pourriez être utile à la Garde de l'Ombre et au duché. Vous pourriez empêcher une chose qui mettrait cette ville à feu et à sang, beaucoup de morts et de pertes inutiles sur des jours à des mois.
Je suis sérieux, les informations que vous pourriez détenir sont capitales. Nous devrions aller dans un endroit moins indiscret, si vous avez une chambre à votre nom ici, allons-y ! »


Putain il faut que je reprenne mon calme... L'espion en chef me fait miroiter une accusation de haute trahison, j'ai été assez con pour mettre Roger à la garde de Dorain, et s'il ne me dit rien et que je rame, je vais peut-être devoir aller au bordel de Mél'... c'est pas si grave, ça pourrait être pire... Pourvu que je n'ai pas à y aller...
L'écrivain public partit d'un ricanement sinistre supplémentaire, et reprit son ton outrancièrement mélodramatique :

« Qu'entends-je ? Du sang, des morts, des pertes inutiles ? » Il s'arrêta et fixa Geralt d'un air de rage froide : « Quoi de nouveau sous le soleil ? C'est le quotidien de cette ville pourrie, et du pays autour, la merde dans laquelle tout un chacun s'enfonce, avec la main gantée de fer de notre petit tyran préféré pour nous appuyer sur la tête... »

Ce genre de propos en auraient mené d'autres au fond d'un geôle, et ce n'était pas la première fois que Geralt entendait Thaddée en proférer de semblables. Son utilité lui avait jusque-là conféré une sorte d'immunité. Et bien évidemment il en avait conscience. On avait parfois l'impression que l'écrivaillon se pensait intouchable, invulnérable - ce qui, compte tenu du contexte, était presque aussi mystérieux que la façon dont il acquérait les informations qui lui valaient ce statut. Néanmoins, quelque chose sonnait différemment ce matin-là. Pour une raison ou pour une autre, il semblait encore plus aigri - et moins coopératif - que d'habitude.

« Mais le vent tourne et quelques chiens le sentent et s'agitent au bout de leur laisse, » poursuivit-il. « Comme s'ils avaient quelque chose à gagner à troquer une iniquité pour une autre... Et les gentils toutous voient les méchants toutous et s'effraient : "s'ils venaient nous déloger de notre joli chenil, si chaud, si confortable ?"... N'est-ce pas de ça qu'il s'agit, messire ?... Être utile au duché... ah !! Merci, je n'ambitionne pas de porter un collier moi aussi. En revanche.... »

Il se renversa en arrière sur sa chaise, visiblement pas pressé de répondre à l'invitation de Geralt à se transporter dans un lieu moins public.

« ... avec tout ce mauvais temps, les gens font moins appel à mes services, authentiques ceux-là, d'écrivain. Et ma pauvre bourse ne sait plus que donner à la brave tenancière de cet auguste établissement, pour lui payer mes consommations tant solides que liquides, utiles pourtant à ma survie et à mon inspiration. Bien sûr, s'il vous prenait l'envie généreuse de régler un peu de mon ardoise -- disons celle des trois... ou quatre... ou des cinq derniers jours... je n'aurais d'autre choix que de me montrer reconnaissant... J'ai des principes, tout de même, et un reste d'éducation... »
Bingo !
Geralt se calma un peu car il avait réussi à capter l'attention de l'écrivain par ses dernières phrases comme il le voulait.
« Si vous connaissez tout, vous devez peut-être savoir que je trempais moi aussi dans cette fosse à purin il y a bien longtemps. Je sais de quoi je parle... L'ampleur sera bien plus grande dans cette affaire, croyez-moi !
Vous me dites chien en laisse ? Je vois que vos talents d'écrivain sont aiguisés ! Oui je suis un chien, l'image est parfaite ! Un chien de garde dressé pour protéger le troupeau des loups qui rôdent quitte à y laisser ma peau. Un chien qui s'agite en entendant des aboiements au loin car il sait que si la main qui le nourrit et le flatte vient à disparaître il perdrait certes son chenil chaud et douillet mais aussi le troupeau pris dans les deux meutes s'affrontant dans le chaos... et il n'y aurait plus personne pour le protéger des loups.
Vous avez bien plus à gagner qu'une ardoise !
Je ne suis pas le capitaine, je n'ai pas la permission pour faire sortir de la caserne autant d'argent pour ce que vous semblez consommer... mais j'ai sur moi quelques pièces... assez pour que vous puissiez m'écrire une jolie histoire. Si elle est bonne je pourrais parler de vous ! Un lettré talentueux est toujours utile et vous pourriez profiter du chenil sans être trop étouffé par un collier. »

Geralt joint le geste à la parole et exhiba la somme qu'il se réservait pour son repas et une journée de consommation légères.
Les quelques pièces montrées par Geralt auraient suffi à attirer des convoitises dans certains quartiers de la ville et certaines campagnes du duché. Mais de fait, elles semblaient bien insuffisantes pour effacer les dettes de l'écrivain public au Cerf Généreux. Thaddée regarda la somme et soupira. Que cela soit dû à la désillusion de ne pouvoir obtenir la somme escomptée, à ce qu'il ait été convaincu par le discours enflammé qui lui avait été fait, ou tout simplement à la fatigue et un revirement d'humeur sous l'influence de la boisson, la hargne semblait l'avoir abandonné lorsqu'il répondit, à voix plus basse :

« Bordel, Jaquenghar... on ne va pas aller loin avec ça... ni vous, ni moi... Autant ne rien payer du tout que de montrer qu'on est limité à ce genre de rognures... Vous savez quoi ? Gardez vos piécettes. Et gardez votre place au chenil aussi, ça me dégoûterait trop d'y traîner. Mais vous avez de la chance, je vous ai à la bonne. Suivez-moi. »

Thaddée se leva et traversa la salle en direction de l'escalier qui montait aux étages.

« C'est monsieur le Garde qui règlera mes consommations à son prochain passage. » claironna-t-il en croisant la patronne, indiquant du doigt par-dessus son épaule Geralt qui le suivait, sans s'arrêter pour laisser à la tenancière le temps de poser des questions ou de répliquer quoi que ce soit. De toute façon, si Geralt ne payait effectivement pas à son prochain passage, personne n'oserait réclamer trop violemment des comptes à un membre de la Garde d'Ombre...

Au second étage, le duo pénétra dans une petite pièce qui servait manifestement à la fois de lieu de travail et de repos à l'écrivain. Un lit se trouvait sur le côté, mais un bureau avait été placé au centre, nanti d'une plume d'oie, d'un encrier et d'une liasse de feuillets vierges, avec une chaise de chaque côté. Thaddée s'assit derrière.

« C'est la dernière fois que je vous laisse me tirer la larme à l'œil avec l'histoire du gamin des rues qui a connu la misère. D'ailleurs, je sais très bien quel genre de vie vous avez mené, et je trouve assez amusant qu'un criminel ait fini membre de la Garde d'élite du duc : au moins avec ça les choses sont claires !... Mais c'est vrai que vous êtes encore celui que je méprise le moins dans toute cette clique, alors on va la jouer comme dans les contes. Je vous autorise trois questions. Gratis. Mais pas une de plus. Considérez ça comme un geste commercial. »
Geralt suivit Thaddée sans trop y croire. Une fois dans la pièce, il croisa les bras et pria silencieusement pour que l'écriain lui révèle des informations utiles.
« Trois questions ? Alors je vais aller droit au but en espérant que les réponses ne seront pas trop vagues. Première question au sujet des rumeurs du complots contre le duc... Qui est la tête pensante ? Ses ennemies ne manquent pas. Avoir un nom m'aiderait à m'orienter. »
Cette fois le rire de Thaddée fut franc et massif. Il lui fallut s'assoir derrière son bureau, tant il hoquetait, les larmes aux bords des yeux, regardant le Garde comme si celui-ci était à ses yeux une sorte de personnification du ridicule.

« Ohh par toutes les puissances célestes et infernales.... Jaquenghar... » finit-il par lâcher en regardant Geralt par-dessus la table. « Je ne sais même pas ce qui est le plus risible... Que vous ne doutiez de rien au point de poser aussi directement cette question-là... ou que vous ne VOUS doutiez de rien au point... au point..... Enfin... Combien cela fait-il d'années que vous traînez dans cet uniforme et VOUS N'AVEZ TOUJOURS PAS COMPRIS ?

Mais TOUT LE MONDE dans ce foutu duché complote ! C'est... oserais-je dire ? -- la beauté de la chose ! La putain Valentine et son sbire Pallenpoor manipulent votre duc comme une poupée de chiffon -- oooh ce n'est pas encore parfait, mais ils y travaillent. Le bourgmestre d'Otrantebourg tuerait père et mère, s'il les avait encore, pour s'élever sur l'échelle sociale. Le bourgmestre de Froidesaigues étranglerait Ulric et votre capitaine Ruthberg de ses mains, s'il pouvait avoir la certitude que, dans un dernier souffle, l'un d'eux révèle ce qui est réellement arrivé à sa fille. Le bourgmestre de Tremontane ? Vous avez dû envoyer un de vos hommes là-bas parce qu'il a les yeux tellement rivés sur son or qu'il a laissé sa ville glisser au bord du conflit armé, rien que pour faire pression sur le duc à l'occasion de l'arrivée de cette délégation étrangère. D'ailleurs, puisqu'on parle d'eux : est-il utile de vous dire que le clergé d'Ezra ici se frotte les mains à l'idée de voir le duc signer un accord diplomatique le liant au pays d'origine de leur foi ? Continuons de parler religion : l'évêque du Législateur, lui, est beaucoup moins ravi de la chose. Et puis, il n'est pas ravi non plus du comportement d'Ulric, figurez-vous. Certes le Château impose toujours sa poigne de fer sur le bas peuple, mais est-ce vraiment encore Ulric qui commande le Château, hmm ? Certains commencent à se le demander. Les courtisans... en ce qui les concerne, vous m'épargnerez le passage en revue de tous les noms un par un, j'espère. Le style diffère un peu de temps en temps, mais le jeu est le même pour chacun d'eux : c'est un panier de crabes. Et dans les campagnes.... ah, les campagnes... la misère et le mécontentement poussent les gens vers d'étranges choses... cela, je peux comprendre que ça vous échappe encore, mais si vous saviez... oh oui ! Mais peu importe, dans le fond. Peu importe, pourquoi ? Parce qu'il n'y a rien de neuf dans tout ça. C'est comme ça que ce duché fonctionne, si on peut appeler ça fonctionner, depuis des années. Vous ne posez pas les bonnes questions, Jaquenghar. Si vous les posiez, d'ailleurs, vous n'auriez peut-être même pas besoin que je vous réponde... »
Geralt resta de marbre, comme si l'écrivain venait de lui faire une farce trop puéril pour un adolescent.
« Vous avez oubliez les bonnes qui ne sont pas assez payées et parfois culbutés sans leur accords et aussi le bouffon qui n'a pas reçut de pitance depuis deux jours.
Je voulais simplement aller au plus court sans effet de manche. Je ne suis pas assez stupide pour me rendre compte que le duché entier n'est qu'une mascarade où chacun tente de faire disparaître son voisin. J'en ai conscience et l'incompétence des services de renseignement ne serait pas assez importante pour me le cacher dans le cas contraire. De plus, si je voulais avoir l'avis d'un paysan j'irais le lui demander.
L'idée d'un lame en travers de la gorge de la personne au dessus de soi n'est pas exceptionnelle, moi-même j'ai parfois rêvé d'étrangler mon capitaine. Non, je ne vous demandais pas qui peut en vouloir au Duc, mais si vous saviez qui est en phase de vraiment accomplir un complot.
Je vais être franc je sais parfaitement que vous êtes loin d'en être un con même si vous agissez parfois comme tel. La preuve la plus flagrante est que je me suis tourné vers vous pour répondre à mon besoin d'informations. Je pense que vous vous doutez que ce genre de discours résonne déjà dans les couloirs du château...
Vous avez raison, je ne pose pas les bonnes interrogations. Vous m'avez accordiez trois questions ? Alors voici la deuxième...

Quelles sont donc ces si bonnes questions auxquelles vous n'auriez pas besoin de répondre ? »
La mine de l'écrivain se renfrogna.

« N'exagérez pas. Quand je vous parlais de "geste commercial", ça ne voulait pas dire que vous pouvez tout prendre et me laisser sur la paille. Je ne fais pas les questions et les réponses. Mais si vous me tenez en si haute estime que vous le dites, et puisque je dois me sentir si flatté que vous veniez m'interroger, commencez par prendre moins de temps à VOUS écouter parler et par prêter plus d'attention à ce que JE vous dis.

Je n'ai jamais promis qu'à ce prix-là, mes réponses seraient claires, nettes et sans énigme. Mais je peux vous assurer vous avoir dit tout ce dont vous avez besoin pour répondre à votre précédente question... et à celle-ci aussi d'ailleurs... à condition que vous preniez la peine d'y réfléchir. »


Un sourire se dessina à nouveau sur son visage, bien qu'il ne s'agisse guère d'un sourire de joie communicative.

« Sinon, ce serait trop simple, ce serait la fin de l'histoire... et l'histoire, c'est tout ce qui compte. »
Geralt soupira.
« Pourquoi a-t-il fallut que vous soyez poète et non tenancier ? Les choses auraient été tellement plus simple... Je crains me voir devancé sur ce coups. Vous m'avez simplement énuméré un peu tout le monde ici... à part ceux d'Ezra... Ai-je vraiment quelque chose à craindre ? Le Duc est-il vraiment en danger ? Si vous pouviez éviter les réponses trop alambiqués... »
Le sourire de l'écrivain s'accentua.

« Ohh, je peux vous assurer, sans réponse alambiquée, que votre duc est en danger, Jaquenghar. En plus grand danger qu'il ne l'a jamais été.

Mais qui sait ? peut-être le malheur de ce si bon duc ferait-il moins le malheur du duché que vous ne semblez le croire... Quoi qu'il en soit, mon aide gratuite s'arrête ici pour aujourd'hui. N'hésitez pas à revenir quand vous aurez fait débloquer un budget à la citadelle. »
acheva-t-il sur un ton railleur.
Geralt observa le bureau, les papiers, l'encre et la plume et réfléchit quelques secondes.
« Je ne pense pas avoir accès à une somme exorbitante... pour l'instant... Mais je peux vous proposer autre chose, vu comme un échange de bon procédé ou une totale collaboration. Quelque chose qui vous permettra de payer vous-même vos boissons et vos nuits tout en faisant appel à vos talents.
Si le registre épistolaire vous rend las, je vous propose quelque chose de plus consistant. La vie d'un Garde de l'Ombre est mouvementé et parfois irréaliste, bien plus que celle des courtisans. Je vous propose de vous raconter régulièrement des missions, aucune qui soit en cours et les détails seront bien sûr changés. Passez le nombre de la garde à deux... ou un seul homme, changé le nom de la fonction, faites-en un héros tuant des monstres tout en étant transit d'un amour impossible et les nobles des deux bords vous lirons. Vos talents feront le reste.
Tel que je l'annonce cette idée peut s'avérer curieuse, mais si vous êtes assez fin pour ne pas signer notre mise aux arrêts à tous les deux, vous pourrez y rencontrer une belle source de revenue peut-être même de la reconnaissance... à moins que l'argent vous suffise sous un pseudonyme !
Je paierais la chope pour aider à se laisser glisser dans le récit si vous le désirez...
En échange si je vous confie mes secrets, j'attendrais la même chose de vous. »
La proposition laissa l'écrivain surpris et, pendant quelques instants, rêveur. Mais il finit par s'arracher aux pensées ainsi suscitées et le rictus de supériorité dégoûtée que Geralt lui connaissait bien, hélas, reprit possession de ses traits.

« Je suis flatté de votre proposition, Jaquenghar. Sincèrement. Mais vous me voyez au regret de devoir décliner l'offre. D'une part, il se trouve que j'ai déjà... mes propres projets romanesques, plutôt bien avancés. Et d'autre part, » -- le sourire las se fit carnassier -- « ce n'est pas comme si vos aventures comportaient beaucoup de secrets pour moi, en réalité. »
« Sachez que ma proposition restera valide lors de nos prochaines rencontres. Il me semble que vos romans actuelles n'ont pas encore énormément de succès au vu de vos difficultés à payer vos pintes !
Il serait inutile de vous interroger plus longtemps, je suppose que vous ne me direz rien de plus sur l'affaire. J'avoue aimer écouter les poètes mais le temps que je trouve le fin mot de cette affaire... Disons que j'ai intérêt à finir avant que "ça se passe". Vous avez une idée de combien de temps je dispose ? »
« J'espère que vous savez comptez les pièces d'or et d'argent mieux que vous ne savez compter les questions qu'on vous accorte, messire Jaquenghar. » commenta simplement Thaddée en se relevant pour ouvrir la porte, montrant avec sans gêne la sortie au Garde d'Ombre.

Lorsque celui-ci eut passé le seuil, l'écrivain se retourna vers lui, comme s'il revenait brusquement sur une décision :

« Si vous me demandez de combien de temps il vous reste avant d'apprendre à apprécier les poètes, je vous dirais qu'il n'est jamais ni trop tôt, ni trop tard. Si votre question portait plutôt sur le temps qui reste à votre duc avant que l'affaire qui vous préoccupe ne... s'achève d'une façon ou d'une autre, hmm... je dirais une semaine au grand maximum. Peut-être nettement moins, cela dit. Mais prenez ça comme une impression et une estimation personnelles, pas comme un fait que je vous vendrais pour certain. »

Et sans un mot de plus, Thaddée referma la porte et Geralt put entendre le bruit d'un loquet fermé de l'intérieur.
A la première phrase de Thaddée, Geralt émit un grand sourire.
« Vous ne pouvez me reprocher d'avoir essayé... »

Il remercia l'écrivain en partant et partit rejoindre la grande salle.
Merde, c'est un vrai bordel !
« Vous avez de l'hydromel ? Un verre... »
Geralt s'appuya sur le comptoir et y déposa l'argent prit plutôt. Un coude sur la table il se plongea dans unne longue réflexion.
Bon... Il m'a dit quoi ?
On a une semaine pour agir, c'est déjà ça...
Valentine et l'autre manipule le Duc... ce n'est pas étonnant... Ils tueraient le Duc ? Putain j'aime pas ça je sens que ça pourrait être bon, la peau de vache est veuve et se met à épouser le conseiller qui devient Duc. Est-ce que c'est vraiment ça ou ais-je simplement envie de les arrêter ?
Le bourgmestre de la ville... il... Il serait prêt à tout pour plus de pouvoir... Certes, ils peuvent le faire, mais la duchesse serait peut-être mieux placée...
Ces trois là sont certainement les plus dangereux...
Les courtisans tous suspects... mouais... pas mal sont liés au Duc indirectement...

Il me resterais le conseiller, la duchesse et le bourgmestre...
Bien, mettre un œil officiel et officieux sur Pallenpoor, c'est fait ! Ça risque de me retomber sur la gueule mais c'est fait... Je m'étais dit de faire une tournée dans les tavernes miteuses et peut-être Mél. Putain, au moins j'ai pas à la voir là-bas ! Ça ne servirait à rien de continuer ici, ils me serviront tous la même chanson, que le Duc est pourri etc...
Il me reste plus qu'aller rendre visite au bourgmestre, la duchesse ou le conseiller... je voulais aller rendre visite au capitaine aussi, mais je doute qu'il ai plus d'infos...

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Où se trouve le bourgmestre ? En suis-je loin ?
Tandis que le Garde s'absorbait dans ses pensées, une accorte serveuse apporta le verre d'hydromel, l'accompagna d'un sourire, et repartit avec les cinq pièces de cuivre posées sur le comptoir.
Un demi-sec... miel tout fleur...

Geralt se leva et quitta l'auberge, toujours autant absorbé par ses pensées.
Une semaine... On a déjà fait pire... enfin je crois ! Goethern devrait être prévenu, histoire qu'il ne loupe rien si un détail devait se trouver sous son nez.

Manquant de marcher sur un chien errant, il sortit de ses réflexions et partit donc prévenir son supérieure de ses maigres découvertes.
Un aboiement l'interpella.
« Vermine ? J'avais faillit t'oublier ! Inutile de te dire de dégager je suppose... »

Ce fut alors suivit que Geralt continua sa route.
Vermine clopinant sur ses talons, Geralt reprit la route du Château. Toutefois, en chemin, un spectacle peu commun l'interpela. L'entrée de la cathédrale d'Ezra était ceinturée par un petit groupe de gardes qui en barraient l'accès. Les gens qui passaient par là ne manquaient pas de manifester leur étonnement, et une certaine tension était palpable de part et d'autre.
Geralt se détourna de sa route pour se diriger vers le bâtiment gardé. Il tenta de jauger la situation, mais il n'avait aucune idée de ce qui pouvait ce passer. Il se tint devant le garde le plus gradé et l'interrogea en usant de toute son autorité.
« Pourquoi avoir établi un périmètre de sécurité ? Que ce se passe-t-il ici ? »

A ces mots la première réponse fut un Wouf. Vermine haletait en remuant ça queue et se mettant sur les pattes arrières que pour les antérieurs tapissent de poussière Géralt, sur qui il prenait appuis. Il lui tourna ensuite autour et couina.
Le garde interrogé se fendit au plus vite d'un salut réglementaire, et sembla fort gêné par l'interrogation. Même les pitreries de Vermine n'entamaient pas l'image d'autorité de Geralt sur le moment.

« C'est-à-dire... » balbutia le garde, « que l'on n'en sait trop rien nous-mêmes... C'est un de vos collègues qui nous a réquisitionnés. Il ne nous a dit sur ce qui se passait, juste qu'il ne fallait laisser personne entrer ou sortir de la cathédrale tant qu'il n'en donnait pas l'ordre. Mais... euh.... enfin... je ne pense pas que ça s'applique à vous... sans doute... »
Vermine répondit en premier.
« Waf ! grrrr.... »

« Un de mes collègues ? Je suppose qu'il aura peut-être besoin d'un coup de main... rien ne nous empêche de faire un tour... »
Le garde n'ose pas répliquer et laissa Geralt entrer dans le bâtiment tandis que Vermine restait à l'extérieur au pied du soldat quelque peu gêné.

Il trouva la nef de la cathédrale vide de toute présence, mais en tant que fidèle d'Ezra - même s'il n'était pas forcément du genre à assister aux offices tous les cinq jours comme sa religion le prescrivait -, et en tant que Garde d'Ombre aussi, il savait où trouver le passage vers le cloître. Déambulant dans les couloirs, il ne tarda pas à repérer le bruit d'un petit attroupement et il lui sembla reconnaître la voix de Nell Orsen, bien qu'il soit trop loin pour entendre parfaitement ce qu'il disait.

Il se dirigea dans cette direction.


Image La suite par ici.
Reprise.

Résumé des épisodes précédents.
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À l'intérieur de la cathédrale, Geralt Jaquenghar retrouve Nell Orsen. À peine de retour à Otrantebourg, celui-ci s'est vu confier en urgence l'enquête relative à la découverte matinale du corps du sentire ezraïte, monseigneur Gaspard Berthelot, retrouvé mort dans sa cellule les veines ouvertes, la lame en main, et dans son lit le cadavre d'un enfant nu portant des marques d'agression. En sa possession, une clé de l'une des caves du cloître, normalement censée être en la possession d'un autre clerc, le gardien Pierre Sapoque. En inspectant la cave en question, Jaquenghar et Sapoque découvrent quatre autres cadavres d'enfants, portant des marques de sacrifices rituels, et un autel apparemment dressé à des puissances occultes.

Néanmoins, au-delà de la première impression, les deux Gardes d'Ombre trouvent également des éléments qui peuvent faire suspecter, sinon prouver, une mise en scène destinée à incriminer le
sentire. Notamment, Geralt détecte et reconnaît sur les corps des enfants de la cave une substance rare, fabriquée par certains Vistani, pour retarder les signes de la décomposition. Et tandis que Nell repart au Château faire son rapport au capitaine Ruthberg et tenter d'établir une liste d'enfants récemment disparus, Geralt (grâce à l'aide du fidèle Vermine) découvre dans une autre cave, à l'intérieur d'un char monumental -- récemment amené à la cathédrale pour servir, le lendemain, à une grande procession en l'honneur de la délégation borcane --, des draps portant les traces de la même substance. Il obtient de Pierre Sapoque le nom de plusieurs des dévots ayant participé à la construction du char, à commencer par le maître d'œuvre du projet, Loyset Dole, un maître-charpentier bien placé dans la hiérarchie de la guilde des artisans du duché.

Image

Pierre Sapoque n'avait pas menti sur le caractère florissant du commerce de Loyset Dole. L'atelier de charpenterie était situé à moins d'une dizaine de minutes de marche ; la taille seule du bâtiment devait justifier qu'il ne se trouvât pas directement au cœur des plus prestigieux quartiers de la cité ; toutefois, il n'en était pas loin et pouvoir se payer un tel espace à un tel endroit indiquait une santé financière plutôt robuste.

Tournant dans la ruelle au fond de laquelle se trouvait l'accès de l'atelier, Geralt passa devant un petit groupe de trois ouvriers, assis sur le côté en train de manger leur repas de midi dans des écuelles en bois, alors même que des bruits de travail provenant de l'intérieur du bâtiment indiquaient la présence de plusieurs autres parallèlement en activité. Ce n'était décidément pas une petite affaire.

Pénétrant à l'intérieur, le Garde d'Ombre avisa un homme en train de raboter une poutre, et demanda à parler à Loyset.

« PATRON ! » s'écria l'homme, se retournant vers le fond de l'atelier, « UN OFFICIEL POUR VOUS ! »

Un homme de haute taille, solide gaillard tout en muscles, fit bientôt son apparition, ses outils en main. Il portait une barbe noire taillée courte et des habits de travail de simple facture. Malgré l'hiver et la neige à l'extérieur, ses manches étaient retroussées et sa peau luisante de la transpiration produite par un effort tout récemment interrompu.

« Que puis-je pour le service du duché, messire ? » demanda-t-il.
Géralt jeta un œil sur son chien. Juste avant de rentrer, il avait fait à nouveau sentir l'odeur du produit à son compagnon canin. Il avait remercié les divinités d'avoir récupéré le tissus pouvant ainsi remettre ses quelques pièces dans sa bourse, car il eut la confirmation que les chausse n'étaient pas faites pour cela !

Il observa également l'artisan, arrêté en plein travail.
« Vous êtes bien Loyset Dole, celui qui a fait le char pour l'arrivée diplomatique de Brocca ? »

Le garde employa un ton ferme, désirant mettre une pression dès le début.

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Est-il possible de considérer que je fais un jet de psycho à chaque tour ?
Dois-je vraiment le faire à chaque tour ? Un seul suffit pour l'ensemble de l'interrogatoire ?

Bahamut lance 1d20+11 et obtient 14 (3)
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Un jet à chaque tour ne serait pas forcément utile, et deviendrait vite fastidieux (pour moi qui devrais y répondre encore plus que pour toi !). Néanmoins, un seul pour toute la conversation semble un peu étrange... et puis tu es sûr que tu veux garder ce score précisément ? :mrgreen:

PS : c'est Borca, pas Brocca, pour mémoire.

« Je suis bien Loyset Dole. Le char dont vous parlez, je ne l'ai pas fait tout seul : beaucoup de bonnes volontés y ont participé d'une façon ou d'une autre ; mais j'ai été le maître d'œuvre pour organiser l'ensemble, en plus d'en réaliser une partie. Il devrait faire belle impression. »

Le charpentier avait eu l'air un peu étonné par la question du Garde d'Ombre et le ton sur lequel elle avait été posée, mais pas paniqué. La réponse apportée semblait franche, et il faisait sonner chaque mot et chaque phrase comme une vérité nue, dépourvue de fioritures, mais solide, massive, sur laquelle on pouvait s'appuyer - et sur laquelle, délibérément ou non, il s'appuyait lui-même pour se reprendre d'avoir été quelque peu déséquilibré par l'approche de Geralt. À ce stade, cependant, il était difficile de dire si cela venait de ce qu'il considérait n'avoir rien à cacher, ou s'il s'agissait d'une façon de paraître plus assuré qu'il ne l'était en réalité. La dernière phrase, selon que Loyset ignorait ou connaissait l'existence de ce que Geralt avait trouvé à l'intérieur du char, pouvait sonner comme une naïveté ou une provocation.
Vermine ne semblait toujours pas se décider à rendre service à son maître et tournait autour de celui-ci.

Géralt, lui, restait dubitatif quant à la réaction globale de l'artisan.
« Oui je me doute bien qu'il a fallut du temps et du boulot pour accomplir un construction de cette taille... Joli boulot en passant ! »

Le Garde regarda autour de lui et vit quelques têtes d'artisans pouvant écouter à leurs insu.
« Ce que j'ai à vous dire, est un peu délicat et relève de la confidentialité. On pourrait aller dans un endroit plus isolé ? »
Le maître-artisan fit un signe d'acquiescement de la tête, avant de tourner les talons pour ouvrir la voie sans ajouter un mot. À sa suite, et lui-même suivi de Vermine remuant la queue, Geralt traversa le reste du vaste atelier jusqu'à un local en son fond, séparé du reste. Pour tout ameublement, la pièce possédait une grande planche à dessin, un secrétaire d'où sortaient un certain nombre de parchemins visiblement bien ordonnés, une petite table supportant une carafe d'eau grossière et quelques gobelets en bois, enfin quelques tabourets. Aucune porte ne permettait de fermer la pièce, mais celle-ci était à l'écart des endroits de l'atelier où le Garde d'Ombre avait vu des ouvriers au travail.
« Merci bien, ce sera parfait ! »

Géralt avait suivit Lyoset Dole sans rien louper des différents lieux de travail de lui et ses ouvriers. Durant les quelques pas, il s'efforçait de se reconstituer un plan mental, avec plus ou moins de réussite.

Devant l’ambiguïté de l’interrogé, il avait changé de stratégie. Sa volonté de pression dès le début se trouvait efficace sur les faibles ou ceux dont la culpabilité écrasait la conscience, mais pas pour lui. Il adopta donc une certaine froideur, un recul neutre lui permettant par la suite de se pencher sur n'importe quelle intention d'expression en fonction des réponses obtenues.

« Autant jouer carte sur table et aller directement au but... Vous n'êtes pas n'importe qui selon ce que j'ai cru comprendre, cela ne pourrait mieux tomber pour nous deux ! Vous devez connaître un peu tout le monde, et qui fait quoi... et je ne sais pas si vous le savez, je suis obligé de faire un rapport à chaque enquête indiquant les indices emmenant aux personnes interrogées et le niveau de collaboration de ces dernières, une aide de votre part ne ferait qu'attirer l'attention du duché sur vos œuvres. Je pense qu'on n'est jamais contre un soutien ducal, même quand on vit de sa passion !

Voici ce qui m'amène... Voyez-vous, il y a un problème avec le char... disons qu'il n'était pas aussi vide que prévu... »


Geralt plongea la main dans ses affaires pour en sortir l’étoffe anciennement contacte des petits cadavres.

« Reconnaissez-vous ce tissu ? Il servait de linceul mortuaire... »



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Cest toi le chef, chef, mais je pense que Vermine devrait agir dès le début si le chien agit.
Bon... je pense qu'on peut sortir le jet de psycho là...

Bahamut lance 1d20+11 et obtient 12 (1)


Après j'ai envie de faire des jet de détection... J'en fais un ne sachant pas combien, tu peux en faire d'autre autant que tu veux.

Bahamut lance 1d20+10 et obtient 22 (12)

-> Les ateliers (les lieux d'ouvrage) sont-ils en pleine rue passante ? Est-il simple à première vue de faire passer une douzaine de cadavre d'enfant par la grande porte ?
-> Il y aurait-il, à première vue, une étoffe ressemblant au "linceul" ?
->Il y a-t-il des ouvriers Vestaniens ?
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Les dés ne sont vraiment pas de ton côté quand tu te lances dans la psychologie, hein. :lol: Heureusement qu'il n'y a pas d'échec critique à un jet de compétence. Bon, tu m'expliqueras quand même peut-être en HRP où tu vois de "l'ambiguïté" chez ton interlocuteur...

Comme décrit quelques posts plus haut, l'atelier est fond d'une ruelle à part, elle-même donnant sur une rue. L'endroit n'est pas très loin du centre-ville. Durant la journée la rue est donc relativement passante et bien sûr il y a des ouvriers dans, ou aux abords directs, de l'atelier. En soirée et de nuit, surtout en plein hiver, les lieux doivent en revanche être beaucoup moins fréquentés.

Pour les ouvriers "Vestaniens", je suppose que tu parle des Vistani ? (Sinon je ne vois pas ce que c'est censé être.) Auquel cas, non, tu n'as pratiquement aucune chance d'en voir un. Comme indiqué dans le topic encyclopédique, les Vistani sont de purs nomades, pas exactement le bois dont on fait un ouvrier. Un Vistana sédentaire est considéré par les siens comme un "mort-vivant".

Vermine avait traversé l'atelier en furetant vaguement à droite et à gauche, mais il ne semblait rien avoir repéré d'extraordinaire, et Geralt n'avait vu aucun morceau d'étoffe non plus correspondant à celui trouvé à l'intérieur du char.

Loyset Dole conserva pendant la première moitié de la déclaration du Garde d'Ombre une réserve distante, apparemment insensible aussi bien aux demi-flatteries qu'aux menaces voilées, et semblant surtout trouver que pour un homme qui prétendait vouloir "aller directement au but", son interlocuteur passait par bien des circonvolutions inutiles. Il se contenta d'un hochement de tête d'approbation lorsque Geralt mentionna la possibilité d'un "soutien ducal", mais si la proposition avait quelque chose qui l'intéressait, le Garde ne lui laissa guère le temps de l'examiner : l'annonce que le char "n'était pas aussi vide que prévu" piqua apparemment toute son attention ; il fut encore plus interloqué quand Geralt sortit le morceau de drap blanc qui n'avait, a priori, rien d'extraordinaire ; les mots de "linceul mortuaire" le plongèrent dans la stupéfaction.

« Les linceuls mortuaires sont destinés aux morts. » dit-il après quelques instants qui lui furent nécessaires pour reprendre son empire sur lui-même, appuyant à nouveau sur chaque mot. « Le char que nous avons construit célèbre notre Gardienne. Il n'y a aucune raison qu'il y ait quelque chose à l'intérieur et encore moins un linceul. Vous voulez dire qu'il y avait un cadavre ? »
« Exactement... et pas qu'un seul corps ! Ce genre de tissus ?

Pourriez-vous me donner les noms de ceux qui vous ont aider ? »
Les yeux de Loyset Dole s'écarquillèrent. Le maître-artisan était manifestement horrifié par ce que Geralt venait de révéler sur un ton presque désinvolte. Il ouvrit la bouche, s'apprêtant visiblement à protester, peut-être dire que la chose était impossible, mais il se ravisa aussitôt : il n'y avait pas à douter de la déclaration du Garde d'Ombre. Tournant le dos à ce dernier, Loyset saisit un parchemin vierge sur son secrétaire puis s'appuya sur la table à dessin pour écrire dessus avec un crayon, rapidement, prenant tout au plus quelques instants pour réfléchir entre deux noms. Puis il tendit le résultat à Geralt.

« Voilà pour ceux qui ont participé à la construction du char lui-même ou aux décorations. »

La liste se composait ainsi :

    Jonas Lidringers, Rogier Asselin, Gilles Rolleston, ouvriers charpentiers
    Cordt Vorster, faiseur de charrue
    Maurice Hosteler, forgeron
    Philippe Jouvenel, taillandier

    Muriel Dormettingen, bourgeoise, épouse Ludeck Dormettingen
    Mahault Cyrasse, vendeuse de tissus
    Katherine Búschellin, dentellière
    Ana Ermerlin, marchande de fleurs
    Beatrix Wernhers, bourgeoise, veuve Balthasar Wernhers
    Hesa Robillard, blanchisseuse

La plupart des noms étaient en outre accompagnés d'une adresse plus ou moins précise, renvoyant, si ce n'était à la rue, du moins au quartier où trouver les participants.

« Les trois premiers travaillent ici. » indiqua Loyset. « Ils sont présents aujourd'hui, vous pouvez les interroger si vous voulez. Nous n'avons rien à cacher. »

La plupart des noms étaient étrangers à Geralt ; toutefois, il en connaissait un petit nombre. Cordt Vorster était déjà intervenu pour réparer les roues d'une charrette utilisée par la Garde d'Ombre ; il voyait à peu près qui était Maurice Hosteler, le forgeron, qu'il avait dû croiser lors d'une vieille enquête ; Ludeck Dormettingen, le mari d'une des dames cités, était l'un des meilleurs charcutiers de la ville. Ce n'étaient en aucun cas des gens dont il aurait pu dire qu'il les connaissait bien, mais à première vue il s'agissait là de gens sans histoire.

« Dans les premiers temps, le *toret* Jocelyn Bescond est également venu donner des conseils religieux sur la décoration. Mais ensuite, il a cédé la place à un nommé Baldassarr Erdeli, venu de Borca spécialement pour l'occasion, qu'il nous a présenté. Il n'était pas là tout le temps, mais c'est avec lui que nous avons défini le programme de ce que le char devait montrer. Je sais seulement qu'il loge dans une auberge quelque part dans le centre de la ville, mais je ne sais pas laquelle. »


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Je te rassure tout de suite, je ne prévois pas que tu les interroges tous un par un en mode RP. Tu peux me donner, ici ou HRP, les grandes lignes de ce que tu prévois de faire, et on verra comment organiser ça avec quelques jets de dés, pour déterminer si tu lèves un lièvre ou pas sans avoir à mener quinze scènes de dialogues répétitifs.
ça en fait du monde, en même temps pas étonnant...
Pourquoi ce n'est pas moi qui est partit allé voir les vestani dans leur caravane ?


Géralt lisait un à un les noms sur la liste du maître. Il avait l'air d'être sincère et coopérait plutôt bien selon le Garde.

« Les deux femmes là... Muriel Dormettingen et Beatrix Wernhers... elles son blanchisseuse et vendeuse de tissus ?
Dans le lot qui s'est occupé de transporter le char jusqu'à l'église ?

Je vais commencé par les gars d'ici, si vous le voulez bien faites les mois venir. Les trois que vous avez désignés... Pas tous ensemble, vous les prévenez et les séparés, puis je les appels un par un pour les auditionner ici, si vous le voulez bien.

En tout cas merci de votre coopération, je vous demanderais de rester le plus possible en ville lors de l'enquête au cas où j'aurais d'autres questions. »


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Je fais les trois là comme j'y suis puis je vais réquisitionner le perso Le scalde s'il n'a rien à faire pour interroger les gens.
Moi je vais ensuite aller voir les deux gars consultants religieux.

Je t'autorise à faire les jets à ma place dans n'importe quelles circonstances, combats ou RP !!
Inutile de m'attendre pour faire des jets.
Geralt passa successivement du temps avec les trois ouvriers que le maître-charpentier lui envoya. Au bout d'un peu plus d'une heure et demi d'entretiens, il avait acquis la certitude que si certains d'entre eux avaient une chose à cacher ou une raison de craindre un Garde d'Ombre, ce n'était rien d'assez d'importance pour qu'il s'en soucie, et sûrement pas une participation active à un complot politique.

Avec leur patron, ces quatre-là avaient participé au transport du char jusque dans la cave de la cathédrale ; Cordt Vorster, le faiseur de charrue, et Maurice Hosteler, le forgeron, étaient également du lot ; parmi les hommes, seul le taillandier Jouvenel, occupé ce matin-là, n'avait pas participé au transfert ; même Baldassarr Erdeli, l'envoyé borcan, avait aidé tout du long du trajet. Du côté féminin, la liste était moins longue : seules les deux dames bourgeoises Muriel Dormettingen et Beatrix Wernhers, n'ayant guère d'autre obligation, et Ana Ermerlin la marchande de fleurs, avaient "accompagné" le char, sans toutefois participer physiquement à le pousser. Et bien sûr, ils avaient été accueillis à la cathédrale par le toret Jocelyn Bescond ainsi que le gardien Pierre Sapoque avec qui Geralt avait déjà passé une part importante, à défaut d'être plaisante, de la matinée.
Ce dernier point confirmait l'intention première de Geralt de retourner à la Cathédrale ezraïte. Ce qu'il fit donc. Il put constater que la garde régulière continuait à en bloquer l'entrée ; et également que la population alentour affichait des signes de nervosité de plus en plus marquée face à cet étonnant état de fait. Pénétrant à l'intérieur, il ne tarda pas à tomber sur Pierre Sapoque, tout étonné de le voir revenir si vite :

« Oh ! messire ! Vous... venez déjà nous rendre les clés ? »

Le ton de la voix indiquait que le gardien n'était qu'à moitié convaincu de l'hypothèse.
« Non, malheureusement. En revanche, je suis venu continuer mon enquête ! Sauriez-vous où se trouve le père Jocelyn ? »
Sapoque réprima un soupir éloquent d'espoir déçu avant même d'avoir vraiment été assumé, et se mit aussitôt en devoir de conduire le Garde d'Ombre auprès du prêtre demandé. Jocelyn était l'un des deux frères Bescond, trentenaires, qui officiaient ensemble à la Cathédrale, et dont Geralt savait déjà qu'ils faisaient partie de ceux qui avaient forcé la porte du sentire au petit matin. Le Garde et le gardien le trouvèrent dans l'intimité de sa cellule, une paire de bésicles légères sur les yeux, silencieusement plongé dans un livre de prières. Il se redressa, sans fermer tout à fait le livre, lorsque les deux hommes poussèrent la porte.

« Oui, messire ? Puis-je faire quelque chose pour vous ? » demanda-t-il directement à Geralt.
« Et bien... je suppose que l'évènement de ce matin peut vous donner une idée de pourquoi je pose quelques questions à tout le monde... Puis-je m'assoir ? Je cours depuis l'aube... »

Géralt inspecta les lieux, faisant mine de chercher de quoi s'assoir.

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détectionBahamut lance 1d20+10 et obtient 29 (19)
recherche de quoi que ce soit qui peut paraitre suspect.

S'il y a un autre chaise, il demande la permission de s'y assoir.

Je ne me souviens plus sur la psychologie et bluff, donc je te laisse seul juge pour le lancer.

« J'avoue qu'un peu de repos ne fait pas de mal... Que lisez-vous ? »
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Psychologie pour Bahamut: Algernon lance 1d20+11 et obtient 13 (2)

Jocelyn tira une chaise de sous son bureau, la désigna à l'intention de Geralt, et s'assit lui-même, en face de son interlocuteur, sur le rebord de son lit, tandis que Pierre Sapoque restait debout dans l'embrasure de la porte.

Répondant à la dernière question du Garde d'Ombre, le toret plaça un signet à la page qu'il était en train de lire puis tendit le volume en direction de Geralt :

« Oh, ce sont les *Cinq Méditations* d'Ysambart de Dampierre, vous connaissez peut-être ? Un anachorète mordentais du début du siècle, l'un des premiers membres éminents des Cœurs Purs autour de Félix Wachter. Je trouve ses réflexions sur la mort - et la vie - particulièrement... lumineuses. Un réconfort bienvenue en ce temps d'épreuve. »

L'ameublement de la cellule était minimaliste : un lit, un bureau, une étagère alignant quelques livres pieux, et un petit placard. Le seul motif décoratif était un symbole ezraïte (l'habituelle représentation du bouclier portant épée et fleur de belladone) accroché au mur. Le jeune prêtre ne semblait pas violemment bouleversé, mais cela pouvait très bien provenir des ressources de sa foi qui lui faisaient surmonter le choc.
Géralt prit en main le livre et l'inspecta comme si celui-ci permit de savoir qui était coupable de tous les crimes.

« Hmm... très intéressant... Je comprends tout à fait qu'on ait besoin de réconfort... »

Le garde se tourna soudainement vers Sapoque et prit un air gêné.
« Oh, vous pouvez rester, ne vous inquiétez pas, mais c'est que je ne veux pas vous retarder ! Vous avez probablement beaucoup à faire ! »

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Malgré la faible cadence des posts, je fais tout de même une pose ici pour écrire en conséquence de la réaction des deux religieux.
Pierre Sapoque bredouilla une excuse comme quoi oui, en effet..., s'inclina en signe de salutation et décampa sans demander son reste. Il ne devait pas trouver la compagnie de Geralt particulièrement plaisante, particulièrement en la circonstance, mais on pouvait difficile l'en blâmer. Jocelyn Bescond, de son côté, resta impassible, assis sur le rebord de sa couche, attendant patiemment la prévisible suite de la conversation.
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