Faragoll ne montrait nul signe de fatigue, mais ce n'était pas le cas de ses chiens, blessés, en dehors de Luan qui semblait disposée à poursuivre indéfiniment leur longue marche. Et les panthéraux commençaient eux aussi à ralentir le rythme.
Enfin, la compagnie atteignit la lisière de la forêt, empruntant un chemin assez large, signe qu'il était souvent emprunté.
Les chênes et les frênes s'élevaient majestueux dans le ciel, et la forêt se densifiait rapidement. Après une centaine de mètres, le chemin se faisait plus sinueux, les arbres étendaient leurs branches en toutes directions et les rayons du soleil peinaient à traverser l'épais marasme de feuillages. Néanmoins, l'atmosphère n'avait rien d'étouffant, du moins pas pour l'instant. Après quelques lacets, Faragoll marqua un arrêt devant une drôle de statue. Elle représentait un homme, ou Yàvië le supposa, bien qu'elle songea au premier abord qu'il lui sembla au premier abord qu'il s'agissait d'un orc. Ses deux bras reposaient sur son ventre, la pierre était verdâtre, couverte par endroit de mousse. Le personnage avait peu de cheveux et une petite barbichette. Ses traits étaient grossier. Elle n'avait jamais croisé de tels hommes sur Numenor.

Faragoll rompit le silence :
« Nous voilà sur le territoire des Drúedain. Nous sommes désormais à l'abri des orques car ces hommes les haïssent et leurs font craindre leurs flèches empoisonnées. J'ai l'habitude de les rencontrer mais comme ils ne s'attendront pas à me voir entouré de panthères, je préfère être prudent. Essayer de les garder près de vous, nous allons nous arrêter plus loin, près d'une de ces pierres de garde. »Yàvië avait écouté le chasseur d'une oreille distraite, car elle était restée figée, comme fascinée par la statue. Elle avait le sentiment qu'elle l'observait.
Keena et ses frères s'approchèrent prudemment de la pierre. Ils la reniflèrent, intrigués, puis repartirent dans leur exploration de la forêt. Depuis qu'ils y étaient entrés, tous signe de fatigue avaient disparu chez eux. Ils étaient manifestement très à l'aise dans ce milieu et ravi d'y évoluer, tout en se fondant parfaitement dans la végétation.